
La difficulté évidente pour les conducteurs est de savoir comment calculer ou estimer soixante-dix mètres par rapport à la voiture devant. Sans chevrons peints ou repères clairs sur la route, la plupart des conducteurs ne sauront pas à quelle distance cela correspond en pratique. La méthode recommandée est d’utiliser la règle des deux secondes : choisissez un objet fixe sur le bas-côté et assurez-vous qu’au moins deux secondes s’écoulent avant que vous ne l’atteigniez après la voiture devant vous. Par temps de pluie ou en cas de mauvaise visibilité, il est préférable d’augmenter cette distance « sécuritaire » à trois ou quatre secondes. Sur certaines portions d’autoroute, les autorités routières peuvent ajouter des repères de distance sur le bitume pour vous aider. Le régulateur de vitesse adaptatif, installé dans certaines voitures plus récentes, peut également aider à maintenir la distance, mais avec l’âge moyen des véhicules en Espagne d’environ quinze ans, de nombreuses voitures ne disposent pas de ce système.
Les amendes ne s’appliqueront pas partout. Le déploiement du panneau S991f et des radars associés est limité aux autoroutes et aux voies rapides, en particulier sur les tronçons où les accidents dus au non-respect des distances de sécurité sont fréquents. La DGT n’a pas encore expliqué comment la distance sera mesurée, laissant ouverte la possibilité de caméras, de capteurs de chaussée ou de la technologie radar. Il y a aussi des spéculations sur l’utilisation de l’intelligence artificielle pour analyser chaque situation et exclure les manœuvres inévitables, comme lorsqu’une autre voiture se faufile brusquement devant vous, réduisant la distance de sécurité entre vous et le véhicule devant vous.

Ce scénario reste l’un des points les plus débattus. Les conducteurs soutiennent qu’il est injuste d’être sanctionnés si un autre véhicule entre brusquement dans leur voie et réduit l’écart de sécurité. La DGT n’a pas clarifié comment le contrôle sera géré lors de ces moments. Si vous recevez une sanction, il est possible de faire appel, comme pour toute autre amende, cependant le succès dépendra des preuves présentées par les autorités, à moins que vous ne disposiez de votre propre caméra embarquée et de séquences vidéo pour étayer votre cas. Les conducteurs étrangers doivent également être attentifs : bien qu’ils puissent être sanctionnés, la perte de points de permis ne s’applique qu’aux permis espagnols, bien que des pénalités puissent être enregistrées si le conducteur échange ultérieurement un permis étranger contre un permis espagnol.
La raison de la nouvelle mesure est claire. Les statistiques montrent que les collisions arrière sont parmi les principales causes d’accidents sur les autoroutes espagnoles. À 90 km/h, une voiture a besoin d’environ soixante-dix mètres pour s’arrêter, et à 100 km/h environ quatre-vingt-quatre, cependant cela exclut encore le temps de réaction nécessaire à la personne qui suit avant d’appuyer effectivement sur la pédale de frein. Sous la pluie ou sur des surfaces de chaussée mouillées, cette distance de freinage peut augmenter jusqu’à soixante-dix pour cent. Avec les distances minimales de sécurité imposées, la DGT espère réduire significativement les taux d’accidents.
Les panneaux font partie d’une réforme plus large du système routier espagnol en vertu du Décret royal 465/2025. Progressivement, le S991f deviendra familier, tant aux automobilistes espagnols qu’aux nombreux conducteurs étrangers qui empruntent le réseau routier du pays chaque année. Le succès de ce nouveau système dépendra non seulement des amendes et des radars, ou de la rapidité avec laquelle les conducteurs en Espagne pourront apprendre à juger des distances sûres dans des conditions réelles, mais aussi de l’utilisation du bon sens, une qualité en Espagne qui est souvent plus difficile à faire respecter ou à enseigner que n’importe quelle règle.























