
Nouveau modèle de licence touristique en Espagne
Contrairement au modèle traditionnel de location de vacances où un propriétaire privé détient et gère sa propre licence touristique, Delfín Natura a introduit un modèle où le promoteur, Goya Real Estate, gère de manière centralisée les licences de location au nom des propriétaires d’appartements.
En général, les propriétaires ne pourront pas obtenir ou détenir leurs propres licences indépendantes. Cela est dû au fait que la nouvelle loi espagnole sur les licences touristiques exige un consentement explicite de l’association des propriétaires. Les propriétaires seront effectivement liés au système géré par le promoteur et devront céder le contrôle de la propriété au promoteur. Cette centralisation concentre le pouvoir entre les mains de la société de gestion, réduit l’autonomie individuelle et crée une dépendance envers une seule entité corporative.
Bien que les chiffres exacts des commissions facturées par Delfín ne soient pas divulgués publiquement, les normes de l’industrie suggèrent que des frais de gestion entre 15 % et 30 % du revenu locatif sont courants dans de tels systèmes.
Ce monopole sur la gestion des licences de location ouvre la voie à des hausses de prix potentielles et à des augmentations de frais sans le consentement des propriétaires. Les propriétaires ont une capacité limitée de négociation ou de recherche de gestion alternative, les plaçant à la merci des conditions de Delfín. Ce manque de transparence et de contrôle risque de réduire les revenus et la flexibilité des propriétaires.

Autonomie du propriétaire et restrictions
Dans ce modèle, les propriétaires ne peuvent pas louer leurs appartements de manière indépendante sans l’approbation de Delfín. Cette restriction limite considérablement la liberté des propriétaires et leurs droits de propriété.
Leur potentiel de revenu locatif sera étroitement lié aux politiques de gestion du promoteur et aux structures de tarification, qui peuvent privilégier les profits de l’entreprise aux intérêts individuels des propriétaires.
Cette centralisation des licences touristiques n’est pas unique à Delfín Natura. Dans les régions côtières de l’Espagne, nous avons constaté une augmentation des licences touristiques dans les portefeuilles des grands développements ou des propriétaires fonciers.
Les changements réglementaires et les pressions du marché, tels que des règles de licence plus strictes et des obstacles administratifs, ont rendu difficile pour les petits propriétaires privés d’obtenir ou de maintenir des licences. De nombreux propriétaires n’ont d’autre choix que de confier leurs biens à des gestionnaires d’entreprise, alimentant ainsi cette tendance vers un contrôle monopolistique.
Impacts sur le Marché du Logement et la Communauté Locale.
Cette concentration de contrôle a des conséquences plus larges. Alors que les entités corporatives cherchent à dominer le marché locatif, l’accessibilité et la disponibilité des logements se détérioreront pour les résidents locaux.
Les prix des biens immobiliers et des loyers augmenteront, le marché locatif deviendra moins diversifié et plus compétitif, et nous verrons davantage de membres de la communauté à long terme chercher des options de logement moins chères ailleurs.
S’ajoute à ces pressions, la crainte croissante parmi les propriétaires de l’occupation illégale (okupas). Les processus d’expulsion longs et compliqués découragent les propriétaires de proposer leur bien en location à long terme. Cette peur pousse les propriétaires vers des schémas de location à court terme gérés par des entreprises comme Delfín Natura. Cela réduit l’offre de logements abordables à long terme et aggrave le stress en matière de logement local.

Réponse Limitée des Gouvernements Locaux et Régionaux
Malgré la pénurie de logements aiguë en Espagne, les gouvernements locaux et régionaux ont peu fait pour atténuer la crise. Le gouvernement central avait promis la construction de plus de 244 000 nouveaux logements sociaux d’ici 2024, mais n’en a achevé qu’environ 350 d’ici la fin de l’année !
Étant donné les énormes montants de taxes que les nouveaux propriétaires doivent payer lors de l’achat d’une maison (jusqu’à 13 % dans certaines provinces) et l’importante augmentation des recettes dans les caisses de l’État, la réponse des autorités est loin d’être brillante.
Ce manquement à tenir ses engagements en matière de logement brise l’équilibre fragile entre les avantages économiques de l’investissement étranger et le besoin urgent de logements abordables pour les résidents locaux.

Il est crucial d’établir des réglementations plus claires qui protègent les droits des propriétaires privés tout en empêchant le contrôle monopolistique des licences touristiques. Nous avons besoin d’un équilibre entre les intérêts des investisseurs et ceux des petits propriétaires et des communautés locales.
Delfín Natura est juste un autre exemple de la facilité avec laquelle le contrôle des licences touristiques peut passer des mains privées aux grandes entités corporatives. Ce projet met en lumière les préoccupations plus larges concernant l’autonomie des propriétaires, l’équité du marché et la pénurie de logements sociaux.
























